| Under_construction – a visual dialogue Talking about identities in the Armenian Transnation Barbara Höffer |
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| L’exposition
"UNDER_CONSTRUCTION" est conçue comme une pièce
expérimentale. Elle offre un forum pour un dialogue franc sur des
questions liées à l’identité, au potentiel
d’une identité arménienne au-delà des frontières
définies et des notions transmises de génération
en génération, telles la nationalité, la tradition
et le langage. Les œuvres de sept artistes d’origine arménienne
sont exposées, et leurs biographies ressemblent à un patchwork
culturel. Ils sont tous polyglottes et ont grandi dans divers environnements
culturels. La nature nomade et hybride de leurs existences leur permet
de se mouvoir aisément au sein de diverses cultures et langues,
en tant qu’artistes internationaux, mais également de façonner
une forme de culture dans laquelle l’identité est un processus
toujours en mouvement, paradoxal et fluctuant. Se souvenant de leurs racines
arméniennes – la quête du jardin perdu est devenu le
moteur derrière les dialogues visuels et les œuvres créatrices
d’Achot Achot, d’Emily Artenian, d’Andrew Demirdjian,
de Silvina Der-Meguerditchian, de Dahlia Elsayed, d’Archi Galentz
et de Sophia Gasparian. Dans ce processus, l’Arménie elle-même
est associée à l’idée de transnation qui est
constamment émergeante et évolutive - Under_Construction.
Le questionnement, et le bouleversement, des structures nationales par
les communautés transnationales avec leur potentiel créatif,
exerce une attraction particulière, et est fortement accentué
lorsqu’on le voit dans le contexte de la Biennale de Venise, la
grande exposition d’art tournée vers les nations. Le choix
de cette exposition, par les artistes, s’accorde à la longue
tradition de la production d’art dans la diaspora.
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Ceci ne s’applique pas uniquement au contenu
artistique, mais également à la question de la forme et/où
du média spécifique utilisé pour l’expression
artistique. Ce traitement artistique du génocide subi par les Arméniens
revêt une signification particulière dans ce contexte. L’extermination
et la déportation du peuple Arménien représentent
un vide, une absence per se, et leurs tangibles répercussions sont
toujours manifestes dans l’Arménie d’aujourd’hui
ainsi que dans la diaspora. Les
textes d’Ali Akay, d’Estela Schindel et de Marc Wrasse sont
des interprétations individuelles et ils présentent des
perspectives relativement différentes de l’identité
arménienne, ainsi que les difficultés potentielles de la
transnation arménienne. Si le philosophe Marc Wrasse place l’Arménie
dans Now//:here, soit “ici et maintenant”, décrivant
une identité arménienne potentielle comme une interaction
entre le passé et la présence, le philosophe et conservateur
Ali Akay soutient que les droits civiques sont importants dans la formation
de l’identité. Dans ce contexte, il se réfère
aux problèmes auxquels les immigrants et les sociétés
multiculturelles sont confrontés et aux difficultés rencontrées
lorsque l’on tente de forger une identité collective. |
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www. underconstructionhome.net Silvina
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La
construction de l’identité est profondément liée
à l’environnement qui est une sorte de miroir dans lequel
le soi se réfléchit. Quels miroirs ont les Arméniens
de la troisième génération ? Underconstruction est
un dialogue visuel en ligne instauré par des artistes arméniens
de la diaspora. Son sujet principal est la création d’une
identité nationale et transnationale, en tant qu’acte performant
de la vie quotidienne. Dans le monde, il n’existe aucun corps politique
qui rassemble tous les Arméniens. Il y a environ 10 millions d’Arméniens
sur terre, et 3 millions seulement vivent en Arménie – les
sept millions restant étant dispersés dans plus de 70 pays
différents. Nous avons deux versions de notre langue maternelle
: l’arménien oriental et occidental. Les migrants de la deuxième
génération ne sont pas capables de communiquer en arménien.
Des héritages divers partagent notre mentalité en trois
directions dans le monde - turque, perse et soviétique - selon
le lieu d’origine et l’époque à laquelle le
transfert de population a eu lieu. La vie en diaspora offre de trop rares
lignes d’inspiration d’identité aux plus jeunes générations.
L’interprétation largement répandue qui prévaut
dans la majorité des enclaves arméniennes, hors de l’Arménie,
est favorisée par une impulsion conservatrice de préservation.
La vie en Arménie n’est pas une meilleure alternative : le
pays traverse une grave crise identitaire, le rendant un modèle
incertain à suivre. Cependant, une expérience nationale
forte alimente le sens de la communauté : le traumatisme du génocide.
Ce traumatisme comporte un héritage de peur, et un défi
lancé par les anciennes générations aux nouvelles
générations, qui prend une place centrale : ne permettez
pas que nous disparaissions. Est-ce que d’autres sujets ou d’autres
moyens de comprendre la vie nous lient les uns aux autres ? Oui, mais
sous l’ombre du génocide, la plupart de ceux-ci revêtent
une moindre importance. Les objectifs de Underconstruction sont : 1. créer
un processus de reconnaissance, 2. identifier un point de départ
pour la construction d’une conscience de groupe et 3. par le biais
d’un dialogue visuel entre artistes arméniens de la diaspora,
construire une conscience pour le futur. Le langage construit la conscience.Comme
nous l’avons déjà mentionné, la langue arménienne
ne fournit plus
la structure grammaticale commune de l’identité. |
Dans
ce dialogue visuel, les artistes créent un nouveau code. En regardant
l’autre, je le reconnais et je me reconnais. Si je transpose cet
acte de conscience en images et en mots, j’aide à la construction
d’un langage qui, au départ, pourra sembler subjectif et
individualiste, mais qui, dans un contexte de communication, pourra fonctionner
comme un semantem, une “phrase collective ” : éparpillés,
mais liés. Le site présente les artistes participant au
projet – qui ont des stratégies artistiques, un langage visuel
et des thématiques différents - dans un dialogue concernant
l’identité. Pendant un an, chaque artiste a envoyé
tous les mois du matériel visuel ou des textes aux autres artistes
sur des sujets libres de son choix, et les autres artistes ont répondu
avec du matériel visuel ou des textes. Il existe également
sur le site, une section forum de discussion où chacun, y compris
les artistes eux-mêmes, peut ajouter des informations, des réflexions,
des inspirations et des observations. Est-il possible de construire une
identité perméable qui permette d’être ouvert
sans se perdre soit même ? Est-il possible de recréer et
de revivre l’expérience d’un sentiment de communauté
nationale par la communication virtuelle dans la transnation ? Dans le
processus de Underconstruction, après une courte période,
les artistes ont commencé à incorporer des règles
de discussion et leur “conversation visuelle” est devenue
fluide. Au cours des quatre premier mois, deux nouveaux participants de
la diaspora se sont joints au groupe, et les participants qui provenaient
de la République d’Arménie ont abandonné le
projet. L’exposition actuelle possède un caractère
constitutif. Elle intensifie l’expérience virtuelle grâce
à l’expérience réelle. La route est longue,
les premiers pas sont faits. “Under construction” devient
la source d’une structure flottante, une stratégie pour affronter
la multiplicité de l’être humain contemporain. |
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