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LA
TRANS-INDIVIDUALITÉ ET LA DÉSIDENTIFICATION
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| L’identité
de l’individu est un problème central de notre époque.
Nous avons hérité cette situation dès la création
de l’État-nation, mais aussi, avant lui, dès la
création des royaumes en Europe. Le Siècle des Lumières
en Europe est l’un des facteurs grâce auquel l’individu
a été considéré comme une personne appartenant
à une collectivité. Ce fut le moment dans l’histoire
où nous avons cessé de parler de “géographie,
de latitudes et de longitudes”, et où nous avons commencé
à discuter de politique en termes nouveaux, et le sujet, le peuple,
est devenu un élément central. Nous avons utilisé
l’idée de “citoyenneté” à partir
de la création de l’État-nation, et elle est devenue
une formulation très positive, avec de fortes connotations de
liberté. |
C’est un moment dans l’histoire de la philosophie, où
nous avons un sujet indivisible de conscience. Ce développement
de l’indivisibilité de la personne fait que celle-ci appartient
à elle-même. La sociologie a développé plus
avant la différence entre la société et l’individu,
comme un long processus de séparation de l’individu du sociétal
(social). Plus tard, au début du 20e siècle, dans le travail
de Durkheim, l’individu a été séparé
du collectif et a existé en tant que partie de la société. Dans notre approche courante de la sociologie, due en partie à l’influence des positions de Durkheim, la société et l’individu ne sont pas capables de comprendre, je pense, la position de l’individu aujourd’hui. Au cours de ces deux dernières décennies la notion de multiculturalisme a commencé à jouer un rôle central dans le débat dans les sciences sociales et dans les arts. Mais, malheureusement, ceci n’est survenu, principalement, que dans le contexte du sujet polémique de l’immigration. Les immigrants ont la possibilité de créer de nouvelles formes de cultures dans des sociétés dans lesquelles ils sont impliqués, et ils peuvent choisir d’accepter cette assimilation ou ces différences des cultures (une exigence nouvelle des jeunes citoyens, surtout dans les pays anciennement colonisés). Nous pouvons appeler ceci la culture des immigrants. Sur ce point, l’idée “d’un peuple” est très problématique, car ce que nous appelons peuple c’est, selon Hobbes, ceux qui appartiennent à une Nation-état. Comment pouvons-nous parler “d’un peuple” quand les immigrants sont uniquement des immigrants et non des citoyens ? Avoir la citoyenneté exige une naturalisation de l’individu provenant d’une autre culture. En Europe, il est possible d’être membre d’une nation uniquement si l’on possède la citoyenneté de cette nation. |